J’ai l’ambition de faire grandir l’économie sociale en créant de l’architecture d’entreprise dans l’économie sociale. Sauf que lorsque ça devient trop gros la hiérarchie et le pouvoir se corrompt. Comment éviter cette corruption? Pour moi, c’est en décentralisant le pouvoir. Qu’est-ce que vous en pensez?
Pour y répondre, commençons par analyser ensemble les leçons apprises du pouvoir corrompu et de la hiérarchie.
- L’expertise à outrance
Souvent, le meilleur expert devient gestionnaire. Les gestionnaires deviennent donc experts de tous les dossiers de ses employés. Et plus ils prennent d’importance et montent dans la hiérarchie, plus ils ont de dossiers en tant qu’expert parce qu’ils cumulent les expertises de tous leurs subalternes.
Comment est-ce que l’expertise de toute une structure repose sur une seule personne? On voit donc très bien comment l’essentiel peut être perdu avec tout ce bouche à oreille. C’est les vraies experts qui devraient se rassembler pour prendre les décisions. Ceux qui comprennent les besoins et les enjeux, c’est eux qui doivent se réunir.
- Perte de sens
Pour continuer sur l’élément précédent dans un angle différent, plus la hiérarchie est importante plus tu deviens déconnecter de la réalité sur le plancher. Et rappelons ici que le plancher, c’est eux qui réalisent la mission par des biens ou des services. Et on sait comment tout évolue de plus en plus vite sur le plancher. Au début, la vitesse est arrivé avec l’ère de l’informatique (Combien de gestionnaires haut placés ne sont pas encore à l’aise avec les ordinateurs en 2026?) et maintenant c’est l’ère de l’IA (Combien de personnes sont à l’aise avec l’IA peu importe le niveau?). Nous sommes perpétuellement en changement et c’est pas fini, voilà le quantique qui se pointe à l’horizon. Donc, si tu es déconnectés du plancher, tu crées une perte de sens. En plus que les commandes qui arrivent d’en haut et « tombe » en bas n’ont aucun sens. Juste un ordre sans contexte sans savoir pourquoi vouloir quelque chose qui n’existe pas ou qui ne marche pas comme ça.
L’architecture d’entreprise, c’est des experts en organisation d’entreprise. C’est des personnes agiles qui sont concentrés sur la mission de l’entreprise avec une vision, des principes et des stratégies.
- Peu de savoir-être
Quand on est expert d’un secteur, on a une bonne intelligence intellectuelle. Lorsqu’on organise (j’avais mis géré ici mais je veux trouver les bons mots pour que le rôle soit sain) une équipe, on a besoin d’intelligence émotionnelle. On change donc de paradigme d’intelligence comme si c’était facile à acquérir. La réponse est non, pas du tout.
L’intelligence émotionnelle commence par la connaissance de soi. Et même si ça devrait être présent dans la vie de tout employé, la culture mis en place ne le promeut pas et laisse très peu de place à l’être. Si on est intelligent émotionnellement, on ne supportera pas la hiérarchie et la corruption du pouvoir. La cause de tous les congés maladies. J’ai appris que 80% des congés maladies sont reliés à la santé mentale.
- Évolution professionnel mené par les gestionnaires
C’est nous qui avons décidé en quoi étudié, pourquoi on ne s’écoute plus et qu’on s’en remet à un gestionnaire par la suite? Ça nous appartient. Comme mentionné dans la partie « savoir-être », les gestionnaires n’ont pas nécessairement appris à se connaitre. Il y a donc un pas de géant avant de pouvoir être supporté par celui-ci.
On doit développer une culture de connaissance de soi toute notre vie. C’est essentiel à la prévention en santé mentale.
- L’abolition de la créativité
On ne fait qu’exécuter des tâches, on n’a pas l’occasion de questionner ce qu’on fait. À cela s’ajoute souvent la surcharge de travail aussi, qui ne nous permet pas de réfléchir. C’est reconnue que les chaines de montage créent de l’abrutissement et de l’aliénation. Ça fait même partie des risques psychosociaux de la loi 27. Mais ce n’est pas parce que c’est dans une loi que la loi à penser à la façon de l’implanter sur le terrain. Encore une fois ici, les lois sont écrites par une ou deux personnes déconnectés du plancher. Toutes les lois sont irréalisables sur le plancher.
Ici, on devrait investir dans la formation des employés et essayer d’appliquer correctement les mesures d’atténuation des risques psychosociaux.
- L’utilisation du mode survie
La hiérarchie crée souvent une environnement de peur. Ne pas répondre à son gestionnaire, ne pas s’opposer à lui, dire oui à tout ce qu’il dit. Je suis sûr que ça vous rappelle à beaucoup d’entre vous comme à moi, notre enfance de violence psychologique et peut-être même physique aussi. La violence qu’on a connu nous a développé un mode survie qui est devenue permanent en nous. Une résilience nocive pour nous-même. Comme dans mon cas, devant l’autorité, je fige. Impossible de répondre dès que la personne exerce du pouvoir sur moi.
J’ai besoin que mon gestionnaire soit mon collègue de travail d’égal à égal mais chacun avec des responsabilités différentes. On a un but commun et on discute de nos réalités respectives pour établir un plan d’action qui convient de part et d’autre afin d’arriver à ce but. Donc si on est égal, à quoi sert la hiérarchie?
- Manque de transparence
Tantôt je parlais des commandes d’en haut qui « tombent » en bas. Impossible de questionner un minimum pour comprendre le besoin derrière. Bref aucune communication possible. C’est pareil lorsqu’il y a des changements ou des décisions prises par la gestion. Chaque niveau au-dessus de nous est une boite noire et plus tu montes, plus c’est un trou noir. Que de mystères qui se trament au-dessus de nous et qui jouent avec nos vies et les besoins des clients sans rien comprendre.
La solution réside dans la communication, dans l’élaboration des besoins, la priorisation et la diffusion de ceux-ci. Et dans la communication, ça comprend la participation et la concertation de tous ceux qui sont impactés.
- La surcharge de travail des gestionnaires en dernier niveau
Les gestionnaires qui sont en bas de l’échelle des gestionnaires et qui gèrent les employés sont toujours coincés entre les employés et les gestionnaires au-dessus d’eux. Du côté des employés, ils doivent gérer la mission de l’équipe, donc coordonner la réalisation de la mission de l’équipe. Ils doivent faire le chargé de projets afin de s’assurer que tout arrive au bon moment. Ils doivent ensuite jouer le rôle de ressources humaines (RH), écouter les employés, être présent pour eux. Lorsqu’il y a des changements, ils doivent être les piliers de changement. Ensuite, ils doivent être les orienteurs d’emploi. Ils doivent connaitre les intérêts de tous et chacun pour arriver au but.
Du côté des gestionnaires, les commandes arrivent en bout de piste comme avec le jeu du téléphone. Déformer par l’interprétation de toutes les personnes qui ont refilé la patate chaude. C’est cette personne qui doit trouver un équilibre entre ce qui est demandé et ce qui est réalisable. C’est lui qui est imputable de cet équilibre précaire et ingrat. C’est lui qui doit défendre la mission de son équipe, en faire la promotion, la défendre et la représenter. Il doit être présent à autant de comité qu’il a de commandes dans sa cour avec tous ses employés multiplié par le nombre de pallier hiérarchique qu’il a au-dessus de lui.
J’en reviens encore avec ma conclusion que s’il n’y avait pas de hiérarchie, les experts pourraient eux-mêmes aller discuter avec les parties prenantes impactées pour prendre les meilleures décisions pour ses dossiers en cohésion avec tous.
- Le fléau du charismatique qui domine
Ceux qui deviennent décideurs sont malheureusement ceux qui savent jouer sur les mots et être un grand acteur de manipulation. Démontrer une image en surface pour arriver à ses fins. Ils ne sont pas conscients de leur égo et que l’égo fait beaucoup de dommages autour de soi.
Celui-là, j’ai bien du mal à trouver des solutions pour cette problématique. Oui, la décentralisation du pouvoir aiderait mais comment les manipulateurs ne soient pas sur des tables à des fins de corruptions?
J’en ai sûrement oublié, qu’est-ce que vous ajouteriez à cette liste? Ou qu’est-ce que vous complèteriez dans cette ébauche?
Écrivez-moi à tobunik@gmail.com pour m’écrire vos commentaires si l’inscription de commentaires ici est trop compliquée.